Olivier Masmonteil ou l’insoutenable nécessité de peinture.

Philippe Piguet

Le luxe de la peinture est de prendre son temps et celui du peintre de lui donner le sien. Pour cette raison, peu nombreux sont ceux qui savent et qui veulent s’y adonner. D’autant que ce n’est pas parce que l’on s’y consacre qu’on l’emporte assurément. La peinture est une exercice exigeant qui réclame de la part de celui qui le pratique abnégation et foi, doutes et certitudes, enthousiasme et retenue. A une époque particulièrement sensible à toutes les tentations, impatiente d’innovations et avide d’immédiateté, le choix de la peinture peut passer pour courageux. Il n’en est rien. Il est tout simplement naturel. S’agit-il même d’un choix ? Rien n’est moins sûr. La peinture à cela de singulier qu’elle s’impose à l’artiste comme une nécessité. Elle requiert discipline, réflexion et soin en échange de quoi elle donne de l’espace et du temps. Pour tout dire un trésor.

Olivier Masmonteil a fait ce choix, il dit volontiers qu’il n’en est encore qu’à son apprentissage. Que les années écoulées l’ont été jusque là à passer l’une après l’autre toutes les étapes qui fondent la spécificité quasi artisanale de cette pratique. Qu’il faut absolument éprouver celles-ci pour exercer celle-là dans sa plénitude. Masmonteil sais-il seulement qu’il en ira ainsi jusqu’au bout du chemin ? Que le temps et l’espace de la peinture procède d’une permanente métamorphose, à la façon dont la pensée relève d’une incessante remise en question ? A regarder ses tableaux – mieux : à les contempler-, il apparaît que cela ne fait aucun doute. Qu’il le sait et que cela lui convient.